Un temps monochrome
Les branches nues des arbres se détachent sur le ciel pâle et morne.
Les feuilles mortes gorgées d'humidité dégagent cette odeur douceâtre d'humus. Le froid s'installe doucement, et nous fait rentrer la tête dans les épaules lorsque nous marchons dehors.
-"C'est une temps de neige !" dirons certains, quand d'autres assureront au contraire que l'on aura un hiver très sec :
-"C'est la faute aux marées, la pluie l'est pas v'nue avec la mer!"
Je marche sur les docks, en ne sachant pas très bien pourquoi. Cette athmosphère me plait. Ce côté industriel qui fait face aux belles façades du quai de la Fosse...
Cet endroit chargé d'histoire, où l'on imagine à chaque pas de grands et somptueux navires chargés de victuailles venues des antilles, et de d'autres marchandises moins avouables, celles ci, et moins glorieuses... Des navires venus se faire réparer, des constructions folles...
La grue Jaune me fait face, Titan, oui, d'un autre siecle, d'une autre époque, je me dirrige vers elle. La voie ferrée incrustée dans les pavés me montre le chemin. Je vois l'Eléphant au loin, et l'arbre aux Hérons qui se détachent sur la brume de la Loire; et je marche toujours vers ce but inconnu.
Me voici arrivée au pied de la grue, je m'assois et respire profondement. De l'autre côté: la vie, le bal inscessant des automobiles, bus et tramway; ici: le calme.
Sur le quai: des pietons; ici: je suis seule.
C'est ça Nantes, la constante transformation et évolution des lieux, dire qu'il y a a peine un siecle, ce lieu était le point névralgique. Personne à l'époque n'aurait osé penser qu'un jour les chantiers s'en iraient... et pourtant ....
petite chronique ordianire.photos et texte Fleur de Lune