Les chroniques du dérisoires

Publié le par fleur de lune

Les objets qui rendent fou!

Je ne sais pas si vous lisez de temps en temps fluide glacial (ce n'est pas pour faire de la pub), mais il y a des articles qui me feront toujours poiler, notament ce très bon Léandri avec les "chroniques du dérisoire", en gros nos anecdotes de la vie quotidienne, qui nous enèrve; mais à lire c'est génial.
En voici un extrait:
"Régulièrement je vous parle ici du complot ourdi par les industriels de tout poil pour nous persecuter nous zaut'pov'consommateurs, avec des objets usuels mals foutus, mal conçus ou carrément pervers. Faisons le point. Depuis   la dernière fois, certains objets persecuteurs ont disparu, d'autres se portent toujours bien, et d'autres apparaissent. Les innovations industrielles amènent chaque année de nouveaux membres au club des saloperies à pietinner avec rage la bave aux lèvres.

La cellophanne maudite
Par exemple, je m'indignais jadis du sadisme débridé des emballeurs de cassettes vidéo, qui avaient trouvé pour envelopper leur produits, un modèle de céllophanne transparent qu'aucune main humaine ne pouvait détruire en étirement linéaire, et dont le principal résultat était de plonger l'utilisateur dans des crises d'hystérie, lesquelles se terminait par l'accident ou l'épilepsie.
Les années ont passées, les cassettes vidéo ont été peu à peu remplacées par les DVD, mais l'emballage est resté à peu de choses près, le même, il se porte bien, merci. Avec ou sans languette d'ouverture, tout consommateur non équipé d'un cutter, couteau de cuisine, scalpel ou tronçonneuse, a toutes les chances d'atteindre le 24 de tension avant le disque digital. Ces emballages cellophane sont toujours une brimade persistante, un poison insidieux, mais aucune émeute ne s'est jamais déclenchée, aucun mouvement de protestation n'a acheté les pages du Monde, aucune petition ne s'est organisée. Alors la malédiction de l'emballage transparent continue.

La bouteille de l'horreur
Si la bouteille de ketchup Heinz traditionnelle existe toujours avec ses 10% de ketchup bloqué au fond lorsqu'elle est vide, les têtes pensantes des bureaux d'étude de chez Heinz ont enfin accouché d'un système d'enfer. Leur nouvelle bouteille se garde le goulot en ba, et ils ont mis au point une espèce d'anus en caoutchouc qui empèche le produit de s'accumuler contre le bouchon, l'un dans l'autre, ça marche pas si mal. Sachant que cette bouteille à été commercialisée il y a 6 mois et que mon premier article vindicatif anti-bouteille-de-ketchup date de 1991, on constate qu'il leur a fallu 15 ans pour trouver la solution ! Et si ça se trouve, allez savoir, le public n'en voudra pas !

Le pointillé de la mort
Qui entonnera jamais la complainte du papier prédécoupé? ça existe déjà pourtant depuis un bail, mais on ne s'en plaignait pas quotidiennement. Depuis, avec la multiplication des courriers informatisés, des formulaires à renvoyer, on a tous au moins un truc prédécoupé à couper dans la journée, sans parler des divers PQ, chèques, sacs poubelles, sopalins, tickets restaurants, ect. Et c'est là qu'on est tous victimes d'une malédiction infâme qui s'appelle "profondeur de découpe insuffisante". Vous avez devant les yeux les pointillés d'apparence honnête et engagente, qui, sous votre doigt décidé et concquérant, ne demandent qu'à se détacher dans un petit RRrripp jubilatoir, justifiant par là leur seule raison d'être sur cette terre, mais cette apparence est un piège diabolique. Votre main s'est elle emparée du papier d'un geste énergique et méticuleux, le résultat est le même: la déchirure, au lieu de suivre le droit chemin mathématiquement tracé, part perpendiculair
ement au trajet prévu et va terminer sa course dans la mention indispensable, le code à n'abimer sous aucun pretexte, le numéro unique. La seule solution c'est de prendre des ciseaux avant même d'essayer, mais couper une prédécoupe avec des ciseaux c'est vraiment minable ...

Le cordon qui tue

Autre plaie de la vie quotidienne moderne, c'est le cordon du sac poubelle. Je ne parle pas des sacs chers de luxe avec un gros cordon poigné auto-serrant qui a quand même une bête tendance à vous rester dans les mains quand vous serrez de trop, mais du sac poubelle banal, bleu, vert ou noir où le fabricant prévoyant et plein de sollicitude a prévu un petit ruban coquin astucieusement caché dans les plis du plastique et qui servira à nouer d'un geste viril les bords du sac plein, lesquels présentement tordus dans votre main, n'attendent qu'une occasion pour se détordre, béer comme une orchidée une orchidée en chaleur et libérer perfidement sur le sol de votre cuisine un contenu toujours à base d emarc de café, de restant de' purée ou de graisse de poulet rance. Eh bien ce cordon salvateur, n'avez vous pas remarqué qu'une fois sur cing il est introuvable? caché dans les replis moite du polyvinyle, arraché avec le sac précedent, ou invisible à force de discrétion transparente? Et vous voilà comme un con , la main bloquée sur le sac rebelle qui guette toujours une occasion, le fils de pute, tel un délinquant tertiaire que vous auriez plaqué au sol, et votre main fébrile cherche les menotte et que dalle.
Et là vous pourriez accrocher, ces bouts de ficelles, fils de fer, cordons divers qui trainent chez vous, aucun ne se trouvent à proximité de votre main !

bref voilà un petit extrait bien sympatique mais tellement réel !!!
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Publié dans Rencontre avec la Lune

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